Platon disait, dans le Cratyle : « Ablutions et aspersions, toutes ces pratiques n'ont qu'un
but, et c'est de rendre l'homme pur de corps et d'âme. » De l'Orient à l'Occident, les prescriptions sociales et religieuses ont enjoint de se laver, physiquement et moralement, de ce qui peut
entraver le contact avec les autres ou la rencontre avec Dieu. Et c'est dans le domaine religieux que nous trouvons les codifications les plus fermes de la pureté et de ce qui la menace, la
souillure, s'appliquant avec une rigueur particulière à l'impureté de la femme en raison de ses saignements.
Pour en donner acte, nous nous restreindrons ici aux trois religions révélées qui, fondées
sur une même base biblique, ont traité avec des nuances, parfois légères, parfois substantielles, des soins que la femme doit apporter à son corps et son sexe, dans son rapport à la pureté et à
la relation sexuelle.
L'analyse des préceptes ainsi édictés mettent en scène une femme, périodiquement ou
définitivement, dangereuse autour de laquelle va broder un imaginaire qui en a fait le support d'une érotisation spécifique où l'attrait de la chair se trouve, dans les oeuvres narratives,
picturales, poétiques ou les imageries populaires, étroitement lié à la peur de ses pouvoirs maléfiques.