
Voici la Version 2.2 du LEXIQUE MENSTRUEL illustrée et augmentée de dizaines d'expressions, suivi de "Les Noms du sang secret", et de quelques lignes de Françoise HERITIER.
Ajouts : http://lune.le-sidh.org, http://www.languefrancaise.net, http://projetbabel.org, http://www.expressio.fr, http://florent.blog.com, http://www.vulgaris-medical.com, http://www.gazettedesfemmes.com, gifs kawaï :http://web.piczo.com, http://projetbabel.org, http://www2.unil.ch/liege/Egalens/docs-Egalens/Manuels_huguette_junod.pdf, mtsa.over-blog.com/20-archive-06-2005.html| Pays / Région | Expression équivalente | Traduction littérale |
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Angleterre Proposé par hermes |
To have the curse | Avoir la malédiction |
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Angleterre Proposé par eureka |
To be on the rag | Être sur son torchon |
| Belgique | Avoir ses klotes |
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Canada (Québec) Proposé par eureka |
Être dans ses crottes |
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Espagne Proposé par santygaby |
Tener la regla | Avoir ses règle |
| France (Bretagne) | Kaout he misioù (pe he bleuñvioù) | Avoir ses mois (ou ses fleurs) |
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France (Comtois) Proposé par eureka |
Avoir ses histoires |
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France (Marseille) Proposé par eureka |
Être embarassée |
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Italie (Sicile) Proposé par lprofrancatane |
Avìri 'u marchìsi | Reçevoir le marquis |
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Mexique Proposé par stella |
Estar en sus días | Être dans ses jours |
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Normandie Proposé par stella |
Avoir ses petits indiens |
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Serbie Proposé par Ninocka
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Imam mecu | Avoir ses règles. |
发春 : littéralement émettre du printemps, rayonner du printemps. Le printemps symbolise la renaissance : on dit aussi 叫春 jiaochun : appeler le printemps.
Finlande : Otso est utilisé pour désigner l'ours, dont le vrai nom ("karhu") était tabou.
Jamaïque : La plupart des interdictions que s’imposent les rastas découlent de la bible et plus spécialement de l'Ancien Testament, les tabous sont assez
respectés comme l’interdiction de dormir avec une femme qui a ses règles. Ceci se répercute dans le patois rasta et dans la culture populaire jamaïcaine ou les pires insultes se réfèrent aux
menstruations comme Blood Clot(caillot de sang) Ras clot ou Bambo clot qui se prononce « Bamboclat ». (Wikipédia)
France
Avoir Jacques en journée
Avoir les peintres
Avoir son tailleur
Avoir ses mickeys
Avoir sa semaine ketchup
Avoir ses lunes
Avoir ses jours
Avoir ses ours / ses ourses : beaucoup d'infos liées à ce mot ici : http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=8797&start=0
Avoir ses ourses : Provient peut-être d'une allusion érudite aux rites de
puberté de la Grèce.
À l'époque de leurs premières règles, les fillettes athéniennes allaient « faire les ourses » au sanctuaire d'Artémis à Brauron (aujourd'hui Vravro, un joli petit sanctuaire, très frais, oublié des touristes). L'étiologie du rituel était l'expiation du meurtre d'une ourse consacrée à la Déesse.
Avoir ses ours : On sait qu'un ours désigne un homme bourru, à l'humeur parfois massacrante. La première explication vient donc de l'humeur ou de l'énervement liés aux menstrutions.
La seconde origine pourrait venir d'une plaisanterie faite à partir de l'ancienne expression "avoir ses jours" employée pour désigner
ces jours où une femme préférait ne pas trop se montrer en société. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, « ours » se prononçait « our » (sans la prononciation du S final), ce qui explique la très
forte similitude de prononciation entre "avoir ses jours" et "avoir ses ours".
La troisième origine semble être une interprétation populaire d’une expression occitane « aver las oras » (avoir les périodes). La similitude phonétique entre « oras » et « ours » serait à
l’origine de l’expression
« avoir ses ours ».(http://kazkado.hautetfort.com/definition)
Avoir
ses fleurs (« Son kalendrier est rubrique : cette femme a ses fleurs » (A.Oudin. On sait que la rubrique est un
mot écrit en rouge. dans un manuscrit.)
L'image autrefois la plus courante était celle des fleurs: " fleurs des fleurs ", et
" la fleur qui s'ouvre " pour les premières menstrues
Avoir ses coquelicots
Avoir le melon qui se fend (Japon)
Avoir sa tour circulaire
Avoir son coulis
Avoir le roi rouge
Avoir ses rougeurs
Avoir ses ketchupis
le feu au rouge
son rosaire
Mon chat/minet a le museau cassé
Avoir les peilhes (une expression typiquement méridionale, , qui vient du mot occitan pelha (avec lh mouillé), lequel signifie chiffon)
En France, au XVIème et au XVIIème siècle, on disait " être mal à soi ", " avoir les males semaines ", " avoir les ordinaires, ses affaires, ses histoires, ses brouilleries, ses catimini- ", comme on dit de nos jours " avoir ses bidules, ses trucs, ses machins " et autres onomatopées. En fait, toutes ces expressions se regroupent autour du terme " catimini ", dérivé du grec katamênia, " menstruation ". Elles veulent exprimer qu'il s'agit d'une chose sans importance, qu'il faut cacher.
D'autres expressions nommant le sang cataménial font référence au sang lui-même, bien sûr sans le nommer. Elles suggèrent alors un sang en relation avec une bataille ou une blessure. En Alsace,
au début du siècle, on disait que " la femme a son tailleur " ou " ses culottes françaises ", comme l'on disait ailleurs " avoir les Anglais ",
" repousser les Boers ", ou " avoir les garibaldiens", par référence aux culottes de couleur rouge que ces hommes portaient.
indisposée
empêchée / gênée

mal sur soi
en catimini (katemania en grec)
à la promenade à Nice
en ses mois
sur son torchon, sur sa serviette (on the rag !)
comme ça !
VOIR ...
LES NOMS DU SANG SECRET
Dans de nombreux langages, les mots pour " menstruation " et " lune " sont les mêmes ou du moins ont les mêmes racines étymologiques. Ainsi " menstruation " signifie " changement de lune ", la racine latine " mens " donne menstrues et mois.
Les phases de la lune permettaient de compter le temps des paysans primitifs et les menstrues permettaient les prévisions féminines. Les paysans européens utilisent pour la période menstruelle l'expression " avoir ses lunes ". Briffault relève d'autres exemples de l'analogie femme-menstruée et lune.
Le Mandingue emploie le terme carro dans le sens de lune et de menstruation, le mot congolais njonde a cette double signification. Il en est de même dans le détroit de Torres, en Inde.
Les Indiens d'Amérique du Nord pensent que la lune est une femme réelle, la première à avoir existé. Lorsque la lune est décroissante, ils disent la lune " indisposée ", au sens où ce même mot est utilisé en France comme synonyme de menstruation. Il en est de même chez les Maoris. Dans le domaine européen, les paysans croient que la lune a ses menstrues. La lune rousse du mois d'avril est une lune menstruée qui brûle, grille, " rouille " la nature.
Les expressions: avoir " ses mois ", " ses lunes ", " ses périodes ", " ses règles ", " ses ourses ", font référence aux rythmes lunaires et aux temps où la femme est sous son apparence d'ourse, c'est-à-dire encore sauvage, bientôt nubile. Ces expressions font référence aux cultes antiques, tel celui des jeunes Athéniennes astreintes au service temporaire d'Artémis de Braurôn : " Les jeunes filles devaient imiter l'ourse avant leur mariage." Avant d'avoir des rapports sexuels, elles entraient au service d'Artémis pour le rachat de leur virginité. Le mythe expliquait que l'ourse était l'animal favori d'Artémis qu'on avait fait périr.