MENSTRUELLE
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Guide technique pratique des coupes menstruelles
Ecrit par Cerise, Miette, krollyoli & Sortirdelhiver
Source : http://www.amicale-oplf.info mis en ligne le 29/10/06
Alternative aux tampons et serviettes hygiéniques jetables : un véritable engagement écologique
Faire le choix d’une alternative au jetable n’offre pas que les avantages d’une plus grande autonomie et d’une
économie d’argent, c’est aussi un réel engagement à moins polluer dans son quotidien. Le calcul n’est pas très compliqué…. Nous sommes, uniquement en France, environ 16 millions de femmes en âge
d’avoir nos règles (entre 15 et 49 ans : données de 1999. Considérant l’utilisation de 3 tampons ou 3 serviettes jetables pendant 4 jours tous les mois, cela représente 144 jetables pour une
seule femme sur une année, en le multipliant par le nombre de femmes françaises nous arrivons à la somme COLOSSALE de : 2 304 000 000 tampons et serviettes jetées en une
seule année dans un seul pays.
Les infos recueillies dans cette fiche sont issues des expériences d’utilisatrices de coupe menstruelle (des forums OPLF, ONCT et écobio). N’oubliez pas de lire la notice jointe à votre coupe. Ici vous trouverez tous les détails pratiques et des réactions bien légitimes quand on découvre la « chose »
et surtout lorsque cela est encore très peu connu du grand public. C’est aussi l’origine et le but de ce wiki : faire connaître des astuces et techniques bien pratiques pour la vie de tous les
jours avec une synthèse des retours d’expériences bien concrètes. Rassurez-vous, nous étions pour la plus part aussi interloquées par cette chose, et c’est en lisant les témoignages des premières
à se jeter à l’eau que nous n’avons pas hésité plus longtemps à essayer une coupe menstruelle, et cela sans regret et sans imaginer un retour en arrière !
Voilà, l’état des lieux étant fait, nous sommes 4 bouts de bonnes femmes à avoir eu envie de faire un article sur les coupes menstruelles, que nous utilisons et dont nous
sommes satisfaites afin que vous puissiez vous aussi vous y coller en ayant un guide qui se veut plutôt exhaustif. Il existe d’autres alternatives telles que les éponges, ou les serviettes
lavables, dont nous ne traiterons pas ici.
illus inspirée d'un dessin de
runeechan / deviant-art







La première coupe menstruelle telle que nous la connaissons serait due à Leona W.Chalmers, qui la breveta vers…1937*. Elle fut ensuite commercialisée sous le nom de «Tassette menstrual cup». Jusqu’alors, il faut dire que c’était le règne des protections en tissu ! On a du mal à imaginer que les années 30 aient pu voir la naissance de deux innovations majeures en matière de protections périodiques : le tampon, qui a depuis connu le succès que l’on sait (les premiers « tampax » avec applicateur datent de 1936) et la coupe menstruelle qui, elle, a eu beaucoup plus de mal à «décoller»…
En fait, cette invention, associée à une éducation sexuelle et hygiénique, voulait avant tout rendre les femmes plus autonomes et responsables face à leurs désagréments menstruels, avec en plus un souci d’économie : une coupe réutilisable - une fois qu’on a quand même un peu surmonté les blocages de l’éducation - et hop, c’est quasi la libération de la femme!
*on a retrouvé un autre modèle, la « Daintette » qui serait peut-être antérieur à la « Tassette » c’est la Dainty Maid, Inc., company of Middlefield, Connecticut (U.S.A.), qui la commercialisait. Cf. mum.org
Leona W. Chalmers, qui fut actrice et chanteuse dans sa jeunesse, prit très tôt conscience de la nécessité
d’améliorer les méthodes d’hygiène intime féminine. A la naissance de sa fille, elle abandonna les planches pour se consacrer, avec le soutien de gynécologues reconnus, à la conception de
produits d’hygiène intime plus sûrs, plus propres et plus confortables pour les femmes.

Quant à l’idée de la coupe menstruelle…
Les harnachements constitués par les protections hygiéniques en tissu de l’époque étaient sans doute plus
facilement camouflables sous des robes longues et moult jupons d’avant la Grande Guerre, mais difficilement compatibles avec les jolies robes fluides des années 30, alors comment faisait-on ces
jours-là ?? Encore moins facile pour une actrice…
Il faut rendre hommage à cette femme qui a voulu améliorer un domaine où les femmes devaient «faire-avec», en leur proposant un objet qui leur donnait, moyennant quelques
gestes et des résidus (ou des montagnes!) d’éducation à surmonter, une autonomie et un confort qu’hélas pour l’environnement allaient leur apporter aussi les tampons et autres serviettes
jetables… Mais revenons aux débuts de la commercialisation de la coupe «Tassette»:
Ce ne fut pas sans mal car, à cause de la pénurie du caoutchouc, la firme Tassette Inc dut rapidement cesser son activité, et il fallut attendre 1957 pour que Leona W. Chalmers en association avec Robert Oreck, se lance dans une seconde tentative de vente de la «Tassette», à grande échelle cette fois, avec une nouvelle version, plus «soft» de la coupe. Malheureusement, cela n’obtint pas les succès escomptés, et la firme fit faillite au début des années 60.
On n’en apprendra pas plus sur l’histoire de Leona W. Chalmers… mais celle de la coupe continue un peu plus tard avec l’apparition aux USA du «keeper» en… 1987. En caoutchouc naturel, il est toujours commercialisé de nos jours. Depuis début 2000, sont apparues les coupes en silicones dont deux firmes se partagent le marché : la «Mooncup» anglaise et la canadienne «divacup».
Contrairement à ces dernières qui, en plus des qualités de leurs modèles, mettent en avant la protection de l’environnement, il est à noter qu’il existe aussi (invention américaine) une coupe jetable, «Instead» qui ressemble à un préservatif et ne semble pas du tout recyclable, quel intérêt ??
L’histoire des coupes menstruelles est vaste et passionnante, et le site d’où proviennent ces informations
http://www.mum.org/ est une véritable mine d’or de documents, dont certains rarissimes et vraiment étonnants !
Par contre, l’étape incontournable est la stérilisation avant chaque première utilisation au début
des règles. Il vous suffit de faire bouillir votre coupe pendant 5 à 10 minutes dans une casserole d’eau (attention à surveiller le niveau d’eau qui doit être suffisant pour éviter que la coupe
ne fonde!).
Ensuite: « On la nettoie comment, justement, faut pas la désinfecter à chaque fois qu’on la change ? Faut pas en avoir plusieurs, du coup ? » A chaque changement, un rinçage à
l’eau, éventuellement additionnée de savon, suffit avant de réinsérer la coupe. Là-encore, certaines utilisent un bain dans du vinaigre blanc ou de cidre.
A la fin des règles, certaines d’entre nous procèdent à une stérilisation avant de remettre dans sa pochette leur coupe, alors prête pour la prochaine utilisation.
Remarque: il est déconseillé d’utiliser des huiles essentielles pour l’entretien (tea tree…). En
effet, les HE peuvent provoquer des irritations ou autres désagréments et risqueraient de modifier le ph vaginal. En la matière, rien ne vaut l’eau, le savon ou le vinaigre et en plus, ce sont
des produits simples, plutôt économiques et écologiques !
Avant votre premier essai, stérilisez votre coupe menstruelle. Il vous faudra peut-être plusieurs essais de pose et de retrait pour vous familiariser avec votre coupe. Et passez votre coupe sous l’eau tiède, cela est plus agréable lors de l’insertion.
Avoir l’idée de viser le creux des reins permet une pose plus facile. Ne vous focalisez pas sur la taille de l’objet. C’est très souple. Le fait de la plier en deux permet l’insertion dans votre vagin, ensuite elle se dépliera à l’intérieur. Une fois insérée, il est conseillé de la faire pivoter, tourner (un quart de tour) afin qu’elle soit bien dépliée. Cela vous permet de vérifier qu’elle fait bien ventouse. Après l’avoir introduite, il est prudent de passer un doigt autour pour vérifier qu’elle s’est bien dépliée.
Mais c’est tout simplement dû à la fonction ventouse de la coupe. La coupe menstruelle doit son étanchéité au fait qu’elle fait ventouse. Donc n’essayez pas de tirer dessus pour la sortir, cela compliquerait les choses et la sensation serait très désagréable.
Ensuite, il vous suffit de pousser un peu avec votre appareil génital, et de la tirer vers le bas pour la sortir en la gardant la plus droite possible pour ensuite pouvoir la vider.
La tige ne sert pas pour le retrait en lui-même, elle sert uniquement au côté psychologique : « vais-je récupérer la coupe ? La tige sert à attraper la coupe avant de pouvoir en pincer la base. “ Enfin bref…c’est à ce moment là, en prenant l’habitude de saisir la cup à sa base, que j’ai cessé de sentir une gêne en la retirant.Clémentine
« une technique qui marche bien pour moi : glisser que le pouce, appuyer (pour chasser l’air) puis passer l’index et l’enlever ainsi avec les 2 doigts. »
« J’ai failli en mettre partout parce que je pensais qu’elle s’était vidée en l’enlevant et que j’ai été un peu maladroite dans mes gestes Et puis y a pas de risque quand on l’enlève au dessus des WC, si vous êtes maladroites dans vos gestes, ça tombera dans la cuvette… Au pire vous en aurez sur les doigts Mais vous verrez que vous n’aurez pas besoin de le refaire après. Enfin je ne veux pas m’avancer non plus, hein. En peu de temps, sans problème, je l’ai enlevée sans forcément le faire au dessus des WC. C’est pas sorcier finalement, juste on est mal renseignées. »Didoune
Vous pouvez aussi poser un pied sur le WC pour l’insertion et le retrait. Avec l’habitude, vous pourrez l’enlever
en restant au-dessus des toilettes sans problèmes. Ou assise sur le WC contre la chasse pour avoir un peu de place pour “manœuvrer”.

Ainsi certaines personnes ne la changent que deux fois (le soir et le matin), d’autres encore deux fois en journée en plus, et d’autres personnes ayant un flux très important sont obligées de la vider toute les deux heures et/ou de compléter par une serviette hygiénique.





Mais ne vous découragez pas si ça semble très difficile, parce que forcément, pendant les règles ça glisse plus facilement.
« Je la vide sous la douche » « A part que je m’interroge sur ce que ça peut donner dans le circuit d’eau, je me demande alors : “Mais euh elle la remet direct comme ça sous la douche, en la rinçant juste ??!!” » Oui, cela simplifie, un seul rinçage suffit avant de la remettre.
L’idéal c’est d’aller dans les toilettes pour personnes handicapées. Il y a toujours un lavabo! Encore faut-il qu’il y en ait et parfois il faut demander la clé.
« A moins qu’elle n’aie fuit, vous pouvez enlever la coupe sans vous en mettre plein les doigts. Après, ça m’est arrivée d’en avoir sur les doigt, je m’essuyais les mains avec du papier toilette ou lavais avec ma bouteille, et dès que je sortais j’allais me laver les mains avec du savon. »
source flickr.com
::: FASHION ZONE ::: Osez l'assortiment situationniste !
Collants rose, sang rouge et culotte pourpre sauront
égayer la grisaille, par-contre, si vous habitez à Toulouse, gare au camaïeu total !
-avec débardeur académique vieux rose et blouson en cuir bordeaux- , on pourrait vous confondre avec un mur en briKeT
(et y'en a un képa, d'ailleurs on peut éventuellement assortir d'un petit vomi -dans les tons cramoisis- afin de parfaire le camouflage)
*^^*