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  • : Le Sang des Femmes
  • Le Sang des Femmes
  • : BIENVENUE dans ce blog, qui fait suite à un cycle radiophonique menstruel consacré aux mentruations. Emission "Les Petits Papiers", sur les ondes de Canal Sud Radio 92.2FM à Toulouse. Proposé par Fatima Guevara, Isabel S., S. Bockel & Or-Or.
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NEW : Le SANG des FEMMES II

:::::: NEW :::::: Pour continuer de vous instruire sur les menstruations voici la suite de ce blog

sur "Le SANG des FEMMES II", et l'adresse la voilà : http://lesangdesfemmes2.blogspot.com

:::::: NEW :::::: avec les rubriques habituelles et l'actualité des menstruations : le marketing des menstruations, les innovations ...

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Les Vagina Paintings de KUBOTA

Les Anthropométries de KLEIN : les peintures menstruelles cachées et brûlées de YVES Klein


    Simone de Beauvoir nous parle : “ le sexe féminin est mystérieux pour la femme elle-même, caché, tourmenté, muqueux, humide ; il saigne chaque mois, il est parfois souillé d’humeurs, il a une vie secrète et dangereuse. […] Tandis que l’homme “ bande ”, la femme “ mouille ” ; il y a dans le mot même des souvenirs infantiles de lit mouillé, d’abandon coupable et involontaire au besoin urinaire ;

    l’homme a le même dégoût devant d’inconscientes pollutions nocturnes ; projeter un liquide, urine ou sperme, n’humilie pas ; c’est une opération active ; mais il y a humiliation si le liquide s’échappe passivement car le corps n’est plus alors un organisme, muscles, sphincters, nerfs, commandés par le cerveau et exprimant le sujet conscient, mais un vase, un réceptacle fait de matière inerte et jouet de caprices mécaniques.

    Si la chair suinte, comme suinte un vieux mur ou un cadavre, il semble non qu’elle émette du liquide mais qu’elle se liquéfie : c’est un processus de décomposition qui fait horreur. ”



 

Shigeko KUBOTA :

Vagina Painting, 1965.

(source brunnicolas.wifeo.com/textes.php)

    Pendant la Perpetual Fluxfest, Shigeko Kubota réalise la performance la plus féministe de Fluxus. Accroupie sur le sol, elle peint à l’aide d’un pinceau accroché à sa culotte et plongé dans la peinture rouge sur un papier au sol, redéfinissant ainsi “ l’Action Painting à l’aune de l’anatomie féminine ” ; par la référence directe aux cycles menstruels, elle effectue un rapprochement des processus de création et de procréation du corps féminin, permettant une jonction entre l’art et la vie.


    Référence directe aux toiles jaculatoires du créateur par excellence, Pollock, mais aussi aux cycles de changement et de développement qu’elle a connus dans sa vie et dans son art après avoir quitté le Japon pour les Etats-Unis, cette action doit être comprise comme un rejet de la muse. “ Par cette action, l’artiste reprend possession de la femme, source de sa propre inspiration artistique et genre capable de produire indifféremment de la vie véritable ou une figure représentative.

    Construire sur des ruines, voilà l’enjeu de la performance de Shigeko Kubota. Le sang devient un matériau pictural, ou plutôt, le matériau culturel qu’est la peinture appelle le sang menstruel, donnant un mélange pertinent - certains diraient fécond -d’art et de féminisme.

    Le corps est censé être un ensemble cohérent, un organisme résistant, fonctionnel et efficace, qui ne doit à aucun moment faillir ; le moindre écart à cette rigueur corporelle n’est que le signe d’un accident ou d’une maladie, d’une défaillance en tout cas qui catalogue l’individu dans la catégorie des inaptes, des faibles, et qui induit de fait sa prise en charge de la part des valides.

    L’apparence physique, l’aspect extérieur, doit donc être sans faille, lisse et imperméable. Dès lors que cette imperméabilité est mise en cause, c’est tout le statut de l’individu qui s’effondre. “ L’intérieur du corps vient dans ce cas suppléer à l’effondrement de la frontière dedans/dehors.

   Comme si la peau, contenant fragile, ne garantissait plus l’intégrité du “ propre ”, mais qu’écorchée ou transparente, invisible ou tendue, elle cédait devant la déjection du contenu.



Les Peintures menstruelles cachées et brûlées

  de Yves Klein


 C O M M E N T   E N   E S T - IL A R R I V E   L A  ?


Source : http://patricetardieu.over-blog.com/categorie-1034602.html / Ajouts et commentaires en bleu / Or-Or


    Avant ses Anthropométries bleues,

Y. Klein avait eu l'idée de travailler avec du sang menstruel.

L' article suivant est particulièrement éloquent sur plusieurs plans :

- sur le travail du sang menstruel par un homme

- sur le machisme en art, et les représentations de la femme par les artistes homme.

- sur les rapports artiste-modèle, sur le rôle du modèle qui devient sujet actant

- la formulation de l'article même étant assez machiste, exceptionnellement je ne me retiendrai pas de quelques commentaires, car l'auteur est contemporain, quant à Yves Klein, il ne faut pas oublier de repositionner les Anthropométries dans leur époque : 1960, et ne pas perdre de vue que l'art est une voix individuelle qui doit s'affranchir du politiquement correct et des vues militantes pour acquérir liberté, justesse et force, révélant au passage les contraintes socio-culturelles de son époque.


(...) Yves Klein, ayant lu que le pouvoir le plus fort était celui du sang menstruel, se servit d’une prostituée pour exécuter ses premières anthropométries,

(notez que l'artiste n'a pas demandé à une modèle ou à sa femme de faire cet action, mais paye une prostituée, qui seule semble capable de transgresser le tabou sacré et d' assumer cette subversion.

L'auteur lui, ramène la pute à son statut de pute, utilisant un "se servit" douteux, car pour cette action artistique, la prostituée fut payée espéGRRRons le, et devient à mes yeux une prostituée sacrée de par la fonction créatrice qu'elle investit).

mais les convulsions hystériques de celle-ci rendirent l’empreinte impossible.
 (des "con-vulsions" ... était-elle épileptique cette fille ? Ou bien sont-ce les femmes qui, aux pieds de Klein, ne se tiennent plus ? Hystériques ? Pourtant elle doit être assez libérée pour être là, cette prostituée sans nom, et l'hystérie n'est rien d'autre qu'une réaction à l'oppression sociétale, familliale et culturelle, mais ça doit plaire à certains d'imaginer des convulsions hystériques dignes d'un coït réussi)

Il fit une autre tentative avec sa femme, mais avec du sang de boeuf.
        (Il est probable que le sang menstruel sèche trop vite, et qu'il n'y pas assez de quantité)

Dix anthropométries rouge en furent le résultat.
Cependant un jeune artiste japonais ayant entendu parler de celles-ci se jeta du haut d’un immeuble sur une toile blanche !
       (D'un point de vue culturel japonais, ceci n'est rien d'autre qu'un sublime action painting, mais Klein ne le vit pas ainsi ...)

Yves Klein y vit un présage funeste et détruisit par le feu ces empreintes « maudites ».
       (par le feu purifier ! Fallait pas jouer avec le sang sacré des femmes mon p'tit gars ! )

Il passa aux anthropométries bleues que tout le monde connaît
.
        (cela ne vous rappelle pas le sang bleu des pubs pour serviettes et tampons ? ... moins choquant, moins subversif ... bleu c'est bien, et le bleu c'est  Klein  hein ^^ )

Les Anthropométries
http://boomer-cafe.net

    La "technique des pinceaux vivants", ou "anthropométrie" du grec anthropos : homme, et métrie
 : mesure  : revient à laisser au corps humain le soin de faire le tableau, mettant ainsi l’artiste en retrait.
      Rectif !  hommes ? ce sont des femmes nues qui font les empreintes ! L'artiste, habillé, est effectivement en retrait,
notons une nouvelle fois le grand courage de ce grand homme, mais se mettre en retrait est une évolution réelle, à l'époque.


Môssieu l'artiste s'applique à sa
noble et spirituelle tâche.

    “Je dirigeais, en tournant rapidement autour de cette fantastique surface
au sol, tous les mouvements et déplacements du modèle qui, d’ailleurs, grisée par l’action et par le bleu vu de si près et en contact avec sa chair, finissait par ne plus m’entendre lui hurler: ” encore un peu à droite”, “là, revenez en roulant sur le ventre et sur le dos”, “venez de ce côté là!”, “écrasez votre sein droit sur cet endroit précis”.

     (C'est ce que Klein appelle "travailler avec le modèle" ! Elle bouge, cela semble être la différence majeure avec le rôle habituel
de modèle.)

Ci-dessous,
Môssieu, Madâme, habillée, elle,
et Nonosse le colosse :
un couple bien sous tous rapports, hein.



Ci-dessous un extrait de

Sang menstruel dans l’art contemporain : pour en finir avec les stratégies du rapt, la reconquête du féminin. Par Claire Lahuerta

brunnicolas.wifeo.com/textes.php.

 



Le sang menstruel doit rester le sang des femmes, mais il n’est pas pour autant incessible. Il a acquit au fil de l’histoire différents statuts. Mystérieux, magique, inquiétant, menaçant, dévastateur peut-être ; menacé, dévasté, brimé, dérobé, il l’est encore.

    Peu importe au fond ce que l’on a pu en dire, dans la mesure où les artistes - hommes et femmes - sont la conscience de son histoire et des hérésies qui en découlent, et ne se contentent pas de perpétuer les erreurs du passé, inlassablement.

    La volonté des hommes dans l’art de s’approprier ce qui leur échappe est incontestablement un désir de pouvoir. Le sang menstruel est alors consenti dans tout son sens abject, de déchet, d’ordure.

    Les hésitations, les troubles, les doutes qui émanent de la plupart de ces œuvres ne sont hélas que le signe de la persistance hautement phallocratique des milieux artistiques.

    Pourtant une voie fructueuse semble s’ouvrir quand certaines pratiques explorent les ruines et les différentes modalités du sang menstruel, tour à tour exhibé comme viscère, violenté comme l’ennemi à abattre, observé comme un étrange détritus ou même magnifié (si l’on se réfère aux menstrues de la déesse de Paul Armand Gette).

    C’est un sang qui se doit d’avoir une mémoire ; palimpseste du corps des femmes, il est le garant d’une part importante de leur identité physiologique et sociale.

(...) définitivement, les femmes n’ont pas à être sous la tutelle des hommes, (...) par un geste de don cette fois, de la part des femmes rétablissant enfin l’ordre des choses, les hommes acceptent et s’accordent le droit d’éprouver ce monde lunaire comme un univers familier.




 


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