LA KARCHERISATION DES
MENSTRUATIONS
L'industrie
pioche dans les croyances pour fourguer du faux-propre, du "beau", du "sexy", du "sent-bon", du simili hygiénique, du jetable qui ne se recycle jamais ... mais qui relance à chaque fois la
crainte des femmes de voir leur animalité surgir de leur immaculée culotte. J'ai remixé et ajouté un article intéressant écrit par Julien Arnault qui s'est penché sur sur le marketing des
marques ici : http://renault.blog.20minutes.fr
- du
faux-propre :
L'illusion de la propreté provient du marketing et de ses codes couleur : le blanc, couleur sanitaire des lieux d'hygiène et des endroits décontaminés : le blanc des lavabos et des carrelages, la
salle de bains, l'hôpital, la maternité ... et blanc ... comme la fleur de coton -qu'il n'y a dans aucun tampon de base.
Exemple #1 :
la publicité qui montre une filles blonde en tenue blanche (le blond/ jaune clair et le blanc sont voisins sur le spectre), (c'est probablement la même qui fait la pub pour N.rta ^^).
(C'est déjà impossible de porter du blanc au quotidien sans revêtir les taches qui vont avec, mais alors pendant les règles n' est-ce pas du délire ?).
Exemple #2 : le nécessaire à douche vaginale girly cf.illus 2 : rose et mauve, c'est non-seulement inciter
les filles à se laver là où elles ne sont pas sales, mais aussi condamner leur intimité à attraper tous les microbes de la terre, après destruction méthodique de la flore
interne.
En Europe les douches vaginales sont prescrites avec produit adapté par les gynécos, qui unanimement déconseillent ce nettoyage abusif . Le choix des couleurs est impec
pour banaliser l'objet dans une trousse de toilette, il n'y déparaît pas ...
- du "beau"
:
Cela consiste à ne rien inventer mais à changer
l'apparence des produits et de la notice. L'évolution des codes couleurs est
évidente : de blanc et rose-bleu pastel les graphistes sont
passés à rose pink,
jaune, violet, bleu vif ; afin de cibler les jeunettes et séduire par
l'aspect tonique voire ludique de ces objets. Il faut dire que c'est facile d'en faire de petits colifichets sympa juste-pour-les-filles, et de réhausser le côté mignon voire ludique du
produit.
Exemples #1 : serviettes en emballage girly, tampons dans leurs sachets colorés, petits coeurs, petites fleurs, et dans les 80's, petits noeuds de
nana et confetti hystériques. cf. illus
3
Serviettes noires ou colorées, en cadeau des étuis pour les transporter dans son sac (c'est vrai que c'est tellement nécessaire, en plus de l'emballage individuel !) ou bien
des sachets de tissu funny.
Exemple#2
: tampons qui s’ouvrent en corolle, en jupe ou en soleil
(et pourquoi pas en parasol).
un tampon coloré : couleur et forme
font référence aux
confiseries ... et
aux sex toys
- du "sexy" :
dans leur pub, une grande marque invite les filles à porter des jupes courtes pendant leurs règles. C'est une tentative de toucher les ados dans leur volonté de provocation :
braver le risque de fuite, sur-assumer ses règles, porter une jupe courte alors
qu'habituellement, traditionnellement, les femmes mettent plutôt des vêtements confortables : jupes longues, pantalons amples.
Ceci flatte une certaine idée de la féminité, qui voudrait qu'une femme soit toujours prête au charme, et, moderne, plutôt
"facile" dans son rapport à la sexualité.
Exemple #1 : des tampons afin de rester dispo pour la pénétration. cf.illus 4
Exemple #2 : les protège-slips pour strings !!
- du "sent-bon"
:
car la croyance est tenace : le sang des règles ne sent pas bon. Admirez ce sens de la nuance, et la classification des odeurs en deux parties distinctes : sent bon
et sent pas bon. Il convient donc de se situer dans la première, sent bon, et de rester "fraîche", fresh, à croire que nous sommes sales et puantes.
Exemple : les tampons et les serviettes parfumées et les déodorants intimes cf. illus 1
Il ne manquait plus que le stick-up d'airwok ^^ : un devant (citron frais des vosges) et un derrière (groseille des Landes et fraise des Carpathes) !
Vous en rêviez ?
Le sang des femmes le fait !
-du simili-hygiénique
:
Les consommatrices pensent souvent qu'un produit vendu en pharmacie et para-pharmacie est fiable et hygiénique,en effet ce même adjectif est accollé à "tampon et serviette",
et participe à la désignation de ces objets.
///////// Pourtant, la seule chose qui soit hygiénique c'est de se laver les mains régulièrement, de se laver le minou avec
du savon et sa main ou un gant propre, les replis extérieurs et non l'intérieur, qui est auto-nettoyant, et se tenir à distance des W.C. sales.
//////// Un lavage hygiénique des mains : 100 à 1000 bactéries au centimètre carré ! Il s'agit d'un traitement des
mains par un savon liquide non médicamenteux ou par un produit (savon ou gel ou solution) ayant un spectre d'activité antimicrobien ciblé sur les micro-organismes de la flore cutanée afin de
prévenir leur transmission.
http://www.cclinparisnord.org/Guides/mains.pdf
//////// Les tampons et serviettes ne sont pas stériles !
//////// ces "protections" (qui protègent de quoi ?... encore une torsion rhétorique) ne sont pas en coton mais en fibres de rayonne blanchies à la dioxine ou à l'oxygène. Insérés pendant des années dans la partie la plus poreuse du corps, les tampons diffusent la dioxine : des fibres restent dans
le corps après leur retrait, et la dioxine continue à intoxiquer l'organisme petit-à-petit. C'est pourquoi il est recommandé de ne pas les ôter précipitemment, ni trop tôt, car ils laisseront
d'autant plus de fibres.
//////// toutes ces protections sont anti-écologiques car leur recyclage est impossible : présence d’additifs,
d’hydrocarbures, de fongicides, de bactéricides et de dioxine dans ces produits, finalement incinérés ou jetés dans les décharges.
Exemple : tendance au sur-emballage pour feindre la
fiabilité et la stérilité du produit, et
ajout de lingette avec chaque protection.
Chaque femme utilise 10 000
tampons ou serviettes hygiéniques durant sa vie
Détail pour une boîte de 24 tampons avec applicateur :
- 24 tubes en plastique ou carton
- 24 emballages individuels en plastique
- 24 lingettes imbibées de lotion
- 24 sachets plastique, un par lingette
- 1 boîte en carton parfois plastifiée
- 24 tampons en fibre de rayonne
//////// Tout ça pour quelques ml de sang par mois.
A noter : le premier tampon hygiénique date de l'antiquité, il s'agissait tout simplement d'une petite quantité de sphaigne, plante
absorbante, placée dans le vagin.
//////// Pour couronner le tout, il faut quand même parler du choc toxique, rien de moins qu'un staphylocoque doré,
pas vraiment hygiénique ... dont voici une description :
" En fait le choc toxique c’est un staphylocoque doré que tu te chopes et qui se développe à une vitesse hallucinante dans ton organisme. La dernière fois en plus je revenais du hammam ça avait accéléré le processus.
Donc en gros t’es chez toi, tranquille, et d’un coup troubles de la vue, vomissements, fièvre, tu ne tiens plus sur tes jambes, t’as même plus la force de parler au téléphone pour appeler
les urgences… Comme dans un film! Heureusement pour moi je me suis traînée jusque chez
ma voisine qui bossait dans un hôpital et m’a tout de suite amenée chez un médecin." /
fiso
Le bidet 2008 éradique les effrayantes odeurs du sang menstruel ...

Un WC-bidet qui pulvérise de "bonnes odeurs" pendant les
menstruations,milfordit.co.nz
toujours cette manie de la traque aux odeurs du
corps ...
LE SANG BLEU DES FEMMES dans la publicité
Sur le marketing des grandes
marques de tampons : un extrait de ce blog : http://renault.blog.20minutes.fr/tag/tampax
10.12.2007 Quand Tampax suit le fil rouge
Il y a quelques années encore, lorsque un fabriquant de serviettes ou de tampons faisait une publicité à la télévision, il se passait toujours un
moment où un message de type éducatif montrait les propriétés du produit et surtout ses qualités "ultra absorbantes" en déversant le fameux pipi bleu. En effet, un bec verseur versait alors
sur la serviette le fameux liquide, de couleur bleue, sans doute pour ne pas choquer et s'exposer à la vindique de la populace.
La marque Nono, dont le créneau publicitaire est l'émancipation des femmes, à eu l'audace inouïe il y a seulement quelques années (entendez par là
moins de 4 ans) de représenter le fameux liquide non plus en bleu, mais en... rouge ! Réaction de la population: néant. Il faut dire que les femmes étaient depuis longtemps au courant de la
vraie nature du fameux liquide, et que les hommes, il en faut plus pour les choquer, en particulier depuis que les films de guerre sont en
couleur.
Le produit étant désormais accepté en tant que tel par le public, nul besoin d'en démontrer à nouveau les vertus ni même d'en expliquer à nouveau le
fonctionnement ; le tampon et la serviette sont désormais à la mode !