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Mercredi 7 mai 2008

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MENSTRUES Vs DOKTOREN


No Menstru Area : supprimer les menstruations
Un extrait de
"Les menstruations sont-elles dépassées ?" par Kathleen O'Grady
en pdf  ici :
http://www.cwhn.ca/ressources/menstruation/menstruation.pdf

  (...) Pour les universitaires comme Emily Martin, auteure de Woman in the Body, l'ouvrage d'Elsimar Coutinho est un exemple des modèles normatifs à l'ouvre dans le discours scientifique, en particulier en ce qui concerne le corps des femmes, lequel perçu comme une aberration par rapport à la norme « masculine »  . 

  Les menstruations, selon la conception de Coutinho, sont vues comme étant un phénomène « anormal », c'est-à-dire « pathologique », une « maladie » que le corps médical doit s'efforcer de traiter. La science travaille activement à parfaire le corps humain, mais c'est un corps qui n'est décidément pas conçu à l'image de la femme.(...)  . 


  (...) Margie Profet fait tout d'abord remarquer que le sang menstruel diffère du sang ordinaire dans sa composition car il contient notamment des cellules immunitaires appelées « macrophages », capables de lutter contre les pathogènes présents dans la cavité utérine. C'est sur cette dernière constatation que la chercheure fonde l'hypothèse suivante :

« Les menstruations servent à protéger l'utérus et les trompes de Fallope de la colonisation par les pathogènes » ou bien ...

  Les règles auraient, par conséquent, une fonction purificatrice, servant à protéger les organes reproductifs féminins des contaminateurs. Et quelle est la source de ces pathogènes? Les hommes, bien sûr, répond sans hésiter la chercheure : « Le sperme est un vecteur de maladie » (p. 335). Les femmes actives sexuellement doivent disposer d'un moyen de se protéger des infections pouvant être transmises par les rapports sexuels. Les règles ne seraient donc qu'un signe de la guerre entre les sexes - un moyen naturel pour les femmes de se protéger des hommes.


  Selon la perspective de Margie Profet, la suppression forcée des menstruations serait néfaste pour la santé de la femme, plutôt que bénéfique, parce qu'elle interférerait avec la capacité naturelle de l'organisme de se défendre contre les pathogènes : « L'utérus semble conçu de manière à accroître le saignement s'il détecte une infection. ce qui laisse croire que comprimer artificiellement les pertes menstruelles provoquées par une infection pourrait être contre-indiqué » (p. 355).

  Les critiques de Margie Profet, nombreux, répliquent qu'au contraire, le sang menstruel fournirait

est-ce un un terreau parfait pour quantité de micro-organismes

sexuellement transmissibles ?

et, en outre, qu'une femme serait plus susceptible de contracter un large éventail d'infections vaginales pendant ses règles qu'à tout autre stade de son cycle. Margie Profet se dit d'accord avec le fait que certains micro-organismes abondent pendant les menstruations, tout en soumettant que, si les êtres humains ont évolué de façon à maximiser la survie de l'espèce, on peut en dire tout autant des pathogènes. La menace constante que représentent les maladies transmissibles sexuellement ne fait que mettre en lumière le fait que le combat que nous livrons contre les bactéries, depuis le début de l'évolution, est loin d'être terminé.

  Dans un ouvrage récent intitulé The Curse : The Last Unmentionable Taboo [Les menstruations, le dernier tabou], Karen Houppert, journaliste au Village Voice, apporte une nouvelle dimension au débat. Après avoir recensé les études menées sur le choc du syndrome toxique et les autres troubles liés à la santé génésique (dont l'infertilité et l'endométriose), l'auteure suggère que

bon nombre de ces maux sont peut-être causés par les quantités résiduelles de dioxines contenues dans la plupart des tampons et des serviettes périodiques - ces composés chlorés qui rendent nos accessoires de « protection hygiénique » plus blancs que blancs. À la lumière de cette hypothèse, on peut se demander en effet si l'agent responsable des maladies infectieuses, au lieu d'être les menstruations, comme le prétendent les critiques de Margie Profet, ne serait pas véritablement ces méthodes de « traitement » des règles et leurs effets sur la fonction immunitaire naturelle.(...)



 


CATAPULTE - kiosque d'info mobile à Toulouse
Nous avions reçu à la radio deux représentantes de ce point d'information mobile
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 Prêt de livres gratuit et brochures à prix libres.
Permanence 1 mercredi sur 2  de 21 à 22h30  pdt l' émission de  Voy' Elles
sur les ondes de Canal Sud 92.2 FM
à Toulouse, 40 rue A. Duméril, et ts les dim. au marché de St Aubin.


    Voici Un texte sur la symbolique du sang, qui se penche sur des coutumes et des croyances
liées aux menstruations. J'ai aussi rafraîchi de la rubrique "livres et docs liés au thème".

 

Le Sang
Symbole ambivalent
Texte de A. Testart/http://www.cndp.fr remixé et résumé /Or-Or
Les 
signalent  une référence aux menstruations
dans le paragraphe qui suit.

   Les sociétés humaines ont Souvent légiféré à propos du sang :
   La religion juive stipule qu’il doit revenir à Dieu et que les hommes ne sauraient le consommer. Les cités de l’Antiquité grecque et romaine ne toléraient pas le versement du sang humain en leur sein, et les condamnés à mort devaient être occis à l’extérieur des murailles, à l’exception des jeux sanglants dans les arènes, qui, précisément, ne pouvaient avoir lieu que dans leur enceinte.
   Un peu partout dans le monde, les femmes, lors de leurs menstruations ont été mises à l'écart dans des huttes.
Les métiers qui mettent en contact avec l’écoulement du sang, comme celui de chirurgien-barbier, ont, dans de nombreuses civilisations, été soumis à un statut à part, quand ils n’ont pas constitué un groupe fermé, sinon une caste.


Positif-négatif-neutre
    L’épanchement sanglant est parfois évocateur d’une mort possible ou prochaine, et toute blessure, même minime, est inquiétante. À cet égard, la récurrence de l’association d’idées entre menstruation et blessure est significative : c’est une donnée qui revient dans de nombreuses mythologies, parce que le sang menstruel est le signe que la femme n’a pas donné la vie. Mais celui de la parturition est la preuve du contraire et se trouve néanmoins l’objet de tabous ou d’interdits semblables.

    D’innombrables cultures et religions ont cru à la vertu régénérante ou simplement propitiatoire* du sang : l’Afrique noire presque toute entière, les cultures de l’Antiquité, le Mexique précolombien, ont versé régulièrement le sang des animaux ou celui des humains pour faire tomber la pluie, s’assurer le succès à la guerre ou les bonnes grâces d’un dieu.
    Ce sont encore des idées similaires qui sont parfois associées à la vendetta ou à la peine capitale, dans la mesure où l’on croit qu’il faut verser le sang du criminel pour « laver » celui que lui-même a versé, « effacer » la honte ou le déshonneur qui frappe la famille de la victime tant qu’elle n’est pas vengée. Le versement du sang sert souvent à « racheter » une faute, dans maints rituels.
    Dans le christianisme, le sang est versé par le fils de Dieu qui « rachète » les fautes de l’humanité.

    Ce n’est pas exactement le sang en lui-même qui se trouve investi d’une forte charge symbolique, car on relève de nombreuses manipulations dans lesquelles il paraît avoir un rôle tout à fait neutre, comme la confection du boudin en Europe.
    C’est plutôt son écoulement, son versement. En lui-même, le sang peut servir à lier les hommes entre eux. On signait jadis avec une goutte de son sang pour mieux marquer la force de son engagement.
    L’Australie aborigène connaissait des rituels au cours desquels des hommes partant en expédition guerrière absorbaient d’énormes quantités de sang pris aux veines de leur bras, afin de prévenir toute trahison entre eux.
    Parmi les Scythes, peuple antique vivant en Ukraine, deux hommes pouvaient se lier d’une amitié indéfectible en absorbant un peu d’un breuvage mélangé de leur sang. Ces « fraternités » ont été également décrites dans maintes régions d’Afrique.

Évitements et tabous en tous genres
    Une coutume concerne les êtres qui se sont mis en contact avec le sang, ont répandu le sang d’autrui ou encore ont vu couler leur propre sang, et leur interdisent d’avoir un nouveau rapport avec celui-ci.
    Ainsi, chez les Aborigènes australiens, les jeunes initiés qui viennent de subir la circoncision sont-ils interdits d’aller à la chasse.
    Pareillement, certains groupes amérindiens empêchent les guerriers victorieux de prendre part à cette activité, comme si ceux qui avaient déjà fait couler le sang des hommes ne pouvaient faire couler celui des animaux.

    Enfin, il existe des coutumes d’évitement, des interdits et des tabous très répandus dans le monde qui  visent à empêcher un homme partant pour la chasse ou pour la guerre d’avoir le moindre rapport, et surtout pas de rapport sexuel, avec une femme pendant ses périodes menstruelles. Les croyances font que la chasse ou la guerre soient compromises.
   Les Aléoutes (groupe linguistiquement proche des Inuits, ou Eskimos) disent qu’un homme qui aurait touché une femme pendant ses périodes serait entouré d’une vapeur rouge, que les loutres la verraient et qu’il serait incapable d’en attraper aucune.
   Ces tabous s’étendent aux armes de chasse ou aux outils : une vieille croyance d’Europe du Nord voulait qu’une ligne de pêche enjambée par une femme ne soit plus utilisable parce qu’inapte à prendre le moindre poisson, comme si, après un premier contact avec le sang, on devait en éviter un second.

    Dira-t-on que cet évitement vient du souci de ne pas mélanger des sangs qui seraient de nature différente, comme dans le cas de l’évitement entre la femme et le chasseur, entre le sang féminin et le sang animal ? On pourrait le penser s’il n’existait également des évitements concernant le même sang.
    Ainsi les femmes en menstruation doivent-elles éviter d’entrer en contact avec le gibier, le chasseur, etc., mais aussi avec elles-mêmes, en vertu d’un tabou sur lequel l’anthropologue britannique James George Frazer avait autrefois réuni un important dossier : elles doivent éviter de se toucher elles-mêmes et ne peuvent se gratter que par l’intermédiaire d’un bâton, pas plus qu’elles ne peuvent porter elles-mêmes leur nourriture à leur bouche.
    Le monde hindou veut d’ailleurs que les femmes dans cet état soient isolées les unes des autres et n’aient aucun contact entre elles. Tout se passe comme si l’on ne pouvait mettre en présence le sang avec lui-même, comme si deux sangs ne pouvaient se cumuler.

   
La femme exclue des activités sanglantes : deux sangs ne peuvent se cumuler.
    Les principaux êtres qui sont en rapport avec le sang, en plus des guerriers, des sacrificateurs, des chasseurs, des bourreaux ou des initiés, sont les femmes, lesquelles voient leur propre sang s’écouler hors d’elles-mêmes de façon régulière et indépendamment de leur volonté.
    Et si le chasseur doit éviter la femme, réciproquement la femme doit éviter la chasse. Ou, plus précisément, elle doit éviter celle-ci dans la mesure où elle est sanglante. Sur ce point, les données ethnographiques sont très claires. Nous savons que, chez plusieurs peuples chasseurs, les femmes avaient une certaine activité cynégétique, soit qu’elles aient pratiqué des formes de chasse qui leur soient propres, soit qu’elles aient participé à des chasses collectives, aux côtés des hommes. Mais elles y contribuaient toujours sans manipuler les armes qui font couler le sang animal, comme l’arc et la flèche, le javelot et le couteau. Elles y participaient comme rabatteuses, attrapaient des animaux avec des filets, les enfumaient dans leurs terriers ou les tuaient avec des gourdins, sans jamais utiliser d’arme tranchante.

    Ce qui vaut pour la chasse vaut encore pour maintes autres activités qui mettent normalement en jeu un épanchement sanglant, et il n’est besoin que d’en dresser la liste, même sommaire, pour voir que ce furent – et que, pour une large part, cela reste – des activités excluant la femme : guerre, chirurgie, boucherie, hautes œuvres, sacrifice.
    Jeanne d’Arc, vierge guerrière, faisait couler le sang des hommes, mais le sien ne coulait pas.
    Diane chasseresse, la déesse de la guerre chez les Romains, (que les Grecs appelaient Artémis) elle aussi était vierge, une vierge farouche qui ne se laissait approcher par aucun homme, sous peine de le transformer en gibier, comme le pauvre Actéon, métamorphosé en cerf et déchiqueté par ses chiens pour avoir aperçu la déesse nue.

    Chaque fois que nous trouvons des femmes s’occupant d’activités sanglantes telles que la chasse ou la guerre, nous retrouvons aussi la négation, sous une forme ou une autre, de leur féminité.
    Comme les Amazones, qui se seraient coupé le sein pour pouvoir tirer à l’arc, ou certaines femmes qui ont exercé le métier de chamane en Sibérie et étaient ménopausées, ou encore certaines jeunes filles, chez les Inuits, qui maniaient l’arc et chassaient, mais étaient habillées en garçons et tenues pour tels jusqu’à l’âge de leur mariage.

    On ne voit guère plus de fondements psychologiques pour que le sang doive être séparé du sang, la symbolique du sang se développe selon une logique propre, irréductible au biologique ou au psychologique.

par Le Sang des Femmes Team publié dans : ACTU DE L'EMISSION communauté : Bien à Toulouse
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Mercredi 7 mai 2008

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 Mythes, symboles et réalités  du sang féminin
2002 / Yanne / http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=166
 

J'AI MES OURSES
Elles reviennent et elles sont hyper en colèRRR !

" Le corps fait du sang qui fait du corps qui fait du sang... " Paul Valéry

    Depuis la nuit des temps le sang a toujours été intimement lié aux images de la mort et de la vie.
    C’est la vie qui s’écoule avec le sang : une blessure sur un être humain ou sur un animal, implique un risque mortel et cette mort sanglante, qu’elle soit liée à l’accident, au meurtre, à la chasse ou à l’offrande sacrificielle, est l’objet de toutes les frayeurs. Le sang ne laisse jamais indifférent : il terrorise, fascine, répugne, émeut.

       

 Le sang féminin, notre différence

    Le sang des femmes est plus particulièrement chargé d’affects, de craintes, de tabous. Toute la vie d’une femme est ponctuée d’étapes liées au sang : premières règles et rites de passage de l’adolescence à l’âge adulte, régularité du cycle menstruel, anathème pour raison d’impureté et parfois mise à l’écart de la communauté, défloration et rites de possession, rites de fécondité, grossesse, accouchement, risque d’hémorragie postnatale, quarantaine de purification, ménopause, sang absent, stérilité ;

    La nature fait de la femme la dépositaire de l’espèce. C’est par le sang que la femme peut devenir porteuse de vie ; ce sang menstruel, qui revient à intervalles réguliers, en corrélation avec le cycle lunaire et qui s’arrête de couler pendant la gestation est perçu comme nécessaire à la survie du foetus : être " grosse " a été pendant des siècles un état normal pour les femmes, auquel elles ne cherchaient nullement à se soustraire. Une femme mariée se devait d’être enceinte ou mère allaitante. Continuer de "voir ses fleurs " après quelques mois de mariage pouvait laisser craindre une stérilité déshonorante.

    Pour certaines sociétés, la persistance des règles, chez une femme mariée, est encore vécue comme un signe d’impureté, puisque c’est la preuve momentanée de l’échec de la fécondation.

    C’est aussi dans le sang que l’être humain naît : il faut rappeler que l’accouchement s’accompagne d’une perte significative de sang (300ml environ) et que cette hémorragie, autrefois, était souvent associée à la mort de la mère et de l’enfant. De nos jours, à travers lemonde, 600 000 femmes meurent encore chaque année, au fil de leur grossesse lors de leur accouchement, ou lors d’avortements, des suites d’hémorragie, de septicémie, d’éclampsie, d’anémie, et toutes ces pathologies demeurent liées au sang ;
Le pur et l’impur, mythes et légendes du sang féminin

    Le sang a toujours joué un rôle primordial dans les représentations religieuses des humains : il est l’élément principal lors des offrandes sacrificielles, mais que ce soit une victime humaine ou animale, son sang répandu et offert aux Dieux est un sang pur et sacré. Le sang du Christ immolé comme agneau de Dieu devient le vin de la communion des fidèles, le sang des martyres est vénéré et réputé miraculeux ; la circoncision, l’excision, les scarifications sont des blessures de sang en signe d’alliance, de purification ou de mortification ; les tabous alimentaires liés à la consommation du sang des animaux impliquent des rites d’abattage permettant de vider toute chair de son sang ; ce sang dans lequel, d’après la Bible et le Coran, réside l’âme.

    A contrario, le sang des femmes, celui des menstrues et de l’accouchement, est décrété impur. Dans toutes les religions il fait l’objet de nombreux tabous sexuels et sociaux. On trouve aussi ce puissant symbole du mystère de la fécondation, lié à l’impureté féminine, dans les mythes, contes, légendes, qui donnent au sang une place importante, demeurant, par les femmes, associé aux symboles de vie, de mort, mais aussi aux premières règles, à la virginité, à la défloration, à la maternité.

    Euripide raconte que la déesse Aphrodite se portant au secours de son fils Enée, reçoit une blessure à la main, son sang sacré jaillit et chacun est terrorisé de voir couler l ’ "Ichor " le sang des Dieux  ; accablée de douleur, elle s’enfuit jusqu’au sommet de l’Olympe " son beau corps devenu noir ". La Déesse, pour sauver son fils mortel, à risqué, non pas la mort, mais la perte d’un peu de son sang d’immortelle. Ce sang divin qui, selon la mythologie grecque, pouvait donner la vie ou tuer.

    Il y a donc une dichotomie entre le sang dangereux et bienfaisant, néfaste et faste, impur (noir) et pur (rouge), sacré et profane.

    La Walkyrie Brunehilde, la vierge céleste du panthéon germanique, s’enfuit du Walhalla pour aller vivre sur terre, sans la permission du grand Dieu Wotan ; celui-ci pour la punir la pique avec son épée magique, l’endort et l’enferme dans un château entouré de flammes, jusqu’à ce qu’un héros, Siegfried, vienne la délivrer et la ramener à la vie.

    On retrouve cette même légende dans le conte la Belle au bois dormant : victime d’une malédiction, une jeune fille, à l’âge de treize ans, se pique le doigt, et s’endort pour cent ans, seul l’amour d’un homme pourra la réveiller.

    Dans La gardeuse d’oies de Grimm, une mère donne à sa fille un mouchoir imbibé de trois gouttes de son sang ; ce talisman censé protéger l’enfant se montre très efficace jusqu’à ce qu’il tombe dans l’eau et disparaisse, et aussitôt la jeune fille devient faible et sans défense.

    Ces trois légendes font référence au premier sang, celui des règles, qui marque, chez une jeune fille, le passage de l’enfance à l’âge adulte. Seul un homme, en la fécondant, aura le pouvoir d’arrêter ce sang.

    Dans Blanche Neige, une jeune femme désirant un enfant se pique avec une rose, elle laisse tomber trois gouttes de sang sur la neige et émet un voeu : Si seulement j’avais un enfant aussi blanc que la neige, aussi rose que le sang, aussi noir que le bois de ma fenêtre !  !. On trouve ici réunies les références symboliques au sang blanc, le lait, voire le sperme, au sang rose qui n’est que du sang rouge inachevé, immature, et au sang noir impur, lié sans raison au bois de la fenêtre...

    De nombreux peuples distinguent le bon sang rouge celui offert aux dieux, celui dans lequel palpite la vie, du mauvais sang noir celui des ecchymoses, des menstrues, des flaques qui coagulent.

    Un exemple de ce sang impur et maudit, se trouve dans le conte Barbe Bleue, dans lequel la jeune épousée, curieuse, vole une clé, pénètre dans une pièce interdite, et découvre les cadavres sanglants des épouses précédentes ; laissant tomber sa clé dans une mare de sang, elle ne parviendra pas à effacer cette souillure. On voit ici la punition infligée, par une tache indélébile, pour avoir enfreint un interdit, en l’occurrence une curiosité liée à la sexualité et à la défloration.

Le sang menstruel, terrifiant mystère

    Dans toutes les sociétés, toutes les religions, le sang menstruel est lié à des tabous, des interdits, des malédictions : il semblerait que l’homme (le mâle) se soit senti en danger devant ce sang qui s’écoule de la femme réglée ou post parturiente ; un membre du groupe qui perd son sang s’affaiblit et c’est toute la communauté qui risque de s’affaiblir.
    Cette terreur primaire (et non primitive) pourrait expliquer en partie, les malédictions sociales et religieuses envers les femmes, leur " vulnérabilité ", leur " impureté ", leur mise à l’écart du groupe, par une exclusion cyclique (règles) et une quarantaine (post accouchements) ; C’est l’origine des maisons "de menstruantes", dans lesquelles, un peu partout dans le monde, les femmes réglées ou parturientes sont mises à l’écart. Cela pourrait éclaircir l’origine des harems et des gynécées. De là à y voir la source de toutes nos exclusions...

    L’angoisse devant le sang menstruel a incité les hommes à le diaboliser : dans presque toutes les sociétés, toutes les civilisations, de tous temps, on trouve d’innombrables tabous liés aux propriétés malfaisantes du sang menstruel.

-  Les rites primitifs, la Bible, le Coran imposent un tabou absolu des relations sexuelles, l’interdiction de la promiscuité et la mise à l’écart durant la période des règles.

-  Au Moyen Age on croit que l’enfant engendré pendant les règles sera roux, qu’il risquera d’attraper la rougeole ou la variole car son organisme aura été contaminer par le sang menstruel ;

-  Albert le Grand, médecin du Moyen Age, affirme qu’à la ménopause, la femme est extrêmement dangereuse car les superfluités qui ne sont plus éliminées par les règles sont intégralement transmises par le regard : il parle de vieilles femmes qui, par leur regard infecté, communiquent leur venin aux petits enfants dans le berceau. Une autre croyance fait état du risque de contracter la lèpre au cours d’un rapport avec une femme menstruée.
On accuse en outre la femme réglée :

-  D’être impure et dangereuse !

-  De corrompre la viande, de faire tourner le lait et les sauces, de s’opposer à la fermentation panaire, de troubler le vin, de gâter les salaisons du beurre et des viandes, de faire noircir le sucre, de détruire le miel etc.. Les femmes indisposées sont éloignées des cuisines, des celliers, des raffineries, des ruches !

-  Mais aussi de ternir les miroirs, de donner une odeur nauséabonde au cuivre, de faire rouiller le fer et d’émousser les tranchants ;

-  De souiller le feu, la terre, et de troubler l’eau ;(eau qui peut cependant la purifier)

-  De provoquer des risques d’accidents auprès des chasseurs et des pêcheurs (attraction du sang par le sang !)

-  De brûler la végétation, de stériliser les champs et d’empêcher la végétation de pousser ;

    Au Moyen Age, et plus tardivement, la femme ne laboure pas, ne sème pas, ne fauche pas, quand elle à ses règles. Son sang impur (noir) est moins fertile que celui (rouge), des soldats ennemis qui, au siècle dernier, abreuvait nos sillons !(La Marseillaise)
    Ce qui est intéressant, c’est que le pire peut servir au meilleur : et on trouve quelques exemples d’utilisation du sang menstruel à des fins bénéfiques (ce qui confirme la terreur qu’il provoque) ! Plus un tabou est redoutable, plus passer outre est efficace - si on réussit ! Il s’agit bien là de la violation d’un tabou  :
    On assiste là à une récupération de la force négative du sang menstruel (sang noir) à des fins bénéfiques (par le mal !) :

-  En Côte d’or il a le pouvoir de guérir les furoncles
-  Frazer (le Rameau d’or, encyclopédie des croyances primitives) signale, en Ecosse, l’utilisation du sang menstruel pour protéger le bétail du mauvais œil ;
-  En France, jusqu’au 17ème siècle le sang menstruel est préconisé pour éloigner les insectes des plantes et se garder des influences maléfiques du voisinage.
-  En Côte d’or il a le pouvoir de guérir les furoncles
-  En Anjou et dans le Beaujolais, on faisait circuler à travers les champs, jupes retroussées, des femmes indisposées, POUR PROTEGER LES RECOLTES DES CHENILLES !
-  Déjà dans la Rome antique Pline, dans son histoire naturelle, signale des attitudes comparables. Si des femmes ayant leurs règles font, après s’être dénudées, le tour d’un champs de céréales, on voit tomber les chenilles, les vers, les scarabées et les autres insectes nuisibles.
-  On note la même utilisation en Turquie, dans la région de Cappadoce pour éradiquer une invasion d’insectes,les cantharides.

    Dans de très rares exceptions ce sang menstruel (impur, tabou) est récupéré comme talisman (Taïnos au Japon, Indiens d’Amérique, Tinnés d’Alaska).

Le sang des vierges

    Le sang est intimement lié à la sexualité, par la violence que l’homme (mâle) utilisait dans les sociétés primitives pour conquérir les femmes : guerres, meurtres sanglants, rapts, viols ; mais aussi par la violence que l’homme à toujours infligé à " cette blessure d’où il vient ", le sexe féminin, par la défloration ! Ce sang versé par celle qui peut devenir la mère de ses enfants conférait à l’homme une responsabilité troublante, d’autant qu’il risquait d’aboutir, jadis, au "dernier sang", fatal, celui des déchirements et des hémorragies dus à l’accouchement.

La sexualité, le plaisir, le sang, la vie et la mort sont intimement mêlés.

    " La défloration superpose les dangers parce qu’elle est un acte accompli pour la première fois, parce que cet acte est sanglant et parce qu’il met inévitablement en contact, avec le sang le plus " mauvais " celui qui vient du ventre de la femme. Il semblerait qu’il y ait là une situation profondément dramatique ".(J. P. Roux)
    Selon la loi Babylonienne, une fois par an, toutes les jeunes vierges en âge de se marier étaient réunies dans un même lieu pour être vendues au plus offrant, l’acheteur, en les possédant charnellement, les déflorant, devenait leur époux.
    Mais on trouve dans d’autres civilisations, des exemples de défloration effectuées par le prêtre ou le chef : le droit de cuissage, ou " Jus primae nocte ", accompli par celui qui détient le pouvoir, qui porte les responsabilités est souvent un moindre mal pour échapper aux risques de contact avec un sang réputé impur et dangereux.
    Hérodote signale aussi l’obligation pour les femmes de payer un tribut à la déesse de l’amour, en se rendant au temple d’Aphrodite et en s’offrant à un inconnu. La virginité sacrifiée à un passant n’est pas rare, soit parce que l’on est indifférent à ce qui peut lui arriver, soit parce qu’on estime qu’il court un moindre risque, soit dans le cas d’un hôte à qui on offre sa jeune épouse, parce que cela lui confère un caractère sacré. Dans ces derniers cas, l’époux se décharge sur un autre, des terribles risques causés par ce sang impur ...



    A l’opposé, de nos jours, en Asie et en Afrique du Sud, des croyances criminelles, justifient le viol d’une jeune vierge ou d’un bébé, viol considéré comme sacrificiel et purificateur, dans le but de se guérir du SIDA. Une perversité abominable associe le sang de la défloration d’un être pur, non nubile, à un remède purifiant l’organisme de celui dont le sang a été infecté par des rapports sexuels avec une femme " souillée ".

    Le désir de prendre une épouse vierge s’est pourtant imposé dans toutes les religions monothéistes. Le Deutéronome, en particulier, précise que la preuve de la virginité d’une fille est apportée par le drap des noces maculé lors de la défloration.

    On trouve partout le rite de la défloration, comme pratique symbolique liée au mariage, (à l’union). Accomplis par l’époux, par la sacralisation du mariage religieux, ces premiers rapports sexuels avec une jeune vierge ont pour but de la sanctifier, ils sont à la fois une consécration et offrande de prémices. Nous sommes ainsi faits, nous les hommes : par jalousie, par amour de la vaine gloire, ou pour je ne sais quelle autre raison, nous aimons surtout ce dont personne d’autre n’a pu disposer et profiter avant nous et dont nous sommes les premiers et les seuls maîtres. (Jean Chrysostome IVème siècle.)
    L’Eglise n’a pas été la seule à développer l’idéal mystique de la virginité et l’idée que seul le mariage rendait possible aux vierges l’accès à la vie sexuelle.

Notre sang aujourd’hui, l’inconscient collectif

    De nos jours, que reste-t-il de ces croyances, de ces tabous afférents aux menstruations et à l’accouchement ? Qu’en est-il de cette malédiction qui nous a mises à l’écart, ponctuellement et socialement pendant des siècles ?

    Si dans la plupart des religions, le tabou de l’impureté lié aux règles reste très présent, si le rite du sang virginal versé le soir des noces (et exposé parfois) est encore l’apanage de nombreuses sociétés religieuses (judaïques, chrétiennes, islamiques, hindoues ...), en revanche les implications symboliques, maléfiques du sang menstruel tendent à diminuer en Occident, en Europe et aux E.U., et particulièrement dans des groupes plus laïcisés .
    La virginité perdue n’est, pour beaucoup de jeunes filles modernes, qu’une formalité leur permettant d’accéder à une liberté sexuelle en dehors du mariage. Le sang versé lors du premier rapport n’est plus autant chargé des symboles du don de soi pour les filles ni de la prise de possession définitive par les garçons. Les jeunes gens, et plus particulièrement les jeunes filles, désirant garder leur virginité jusqu’au mariage sont souvent issus de milieux sociaux dans lesquels les influences culturelles et religieuses sont encore très prégnantes.
    Les femmes maîtrisant leur fécondité (pilule) maîtrisent aussi leur sang ; l’utilisation de moyens de protections pratiques et invisibles (mini serviettes, tampons) permet aux femmes d’être actives et "à l’aise tous les jours du mois"..la généralisation des douches et des salles de bains rend plus facile l’hygiène féminine. Les règles deviennent " invisibles " dans la communauté et intégrées comme " naturelles " par l’homme occidental moderne. Le SIDA, maladie à laquelle hommes et femmes sont hélas confrontés à égalité, a apporté une nouvelle dimension non sexuée d’un sang maudit, impur, dangereux. Pour la première fois le sexe masculin est porteur lui aussi, d’une malédiction lié au sang et à la sexualité.

    Que reste-t-il de l’anathème contre le sang des femmes ? On rencontre encore quelque vieux réflexes machistes :

-  Les femmes réglées sont accusées d’une supposée irritabilité : la fameuse " hystérie féminine " prend ici tout son sens ...et taxées d’une plus grande maladresse..
-  On assiste, à des attitudes de gênes, des réserves " pudiques ", ou des plaisanteries salaces au sujet des règles ;
-  Beaucoup d’hommes avouent être dégoûtés par les menstrues et certaines femmes doivent encore cacher scrupuleusement toutes traces de ce sang " sale ", " nauséabond " " impur "...

    D’autre part, bien qu’ayant, il y a une quarantaine d’années, acquis le droit et, dans la foulée, le devoir d’assister à l’accouchement, les nouveaux pères se disent souvent traumatisés par le spectacle du sang qui accompagne la naissance. Il faut rappeler que pendant des siècles, le père n’était appelé par la matrone ou le médecin, auprès de l’accouchée, que lorsque la situation devenait critique et que la mère et l’enfant risquaient de mourir... baignant dans leur sang.



PLUS DE CRADLE OF FILTH ICI : http://www.myspace.com/cradleoffilth
et dans la rubrique "Super Jet de Musique 2008" de ce blog. *^^*
Or-Or

    Mais on remarque aussi des habitudes domestiques liées à d’ancestrales interdictions inhérentes à l’impureté féminine :

-  C’est l’homme qui découpe la viande, qui ouvre le vin (sauf chez les CDG... )
-  On trouve davantage de grands cuisiniers et de grands sommeliers parmi les hommes.
-  Les bouchères sont à la caisse, les bouchers derrière l’étal.
-  Les chasseurs et les marins continuent à ne pas vraiment apprécier les femmes en leur sein.
-  La piscine et les bains sont parfois déconseillés, évités durant les périodes.
-  Certaines femmes ne vont pas chez le coiffeur quand elles ont leurs règles : couleur et mise-en-plis ne tiennent pas paraît-il ( ?)
-  Pour beaucoup d’entre nous, les relations sexuelles pendant les règles sont évitées (sinon taboues).
-  L’accouchement demeure une affaire de femmes : le métier de sage-femme est très largement féminin.
-  La ménopause reste une période souvent mal vécue par les femmes : ce sang qui disparaît signifie aux yeux de la société, leur stérilité, leur inutilité, la fin de leur vie de femme-mère-féconde.

    Un curieux paradoxe fait que ce sang accusé de les rendre hystériques chaque mois, est censé leur causer, en disparaissant, de nombreux troubles physiques et psychologiques, (hystérie toujours...) ! !
Libérées, égales dans nos différences !
    Mais dans l’ensemble, grâce à une meilleure appropriation de notre corps, la vulgarisation des connaissances biologiques et médicales, la maîtrise de notre fertilité, les progrès de l’obstétrique, ce sang féminin décrété impur qui nous distingue, d’un point de vue purement physiologique, des hommes, et qui leur a servi, pendant des siècles, de prétexte (un des prétextes) à nous marginaliser, nous exclure, nous inférioriser, semble pour nous, femmes libérées, ne plus avoir aucun fondement. Notre identité féminine ne doit plus se résumer à notre sang féminin : NON, la femme n’est plus réduite à un utérus gravide ou sanguinolent !
    Débarrassée de tous les mythes et de tous les mysticismes de compensation qui nous ont isolées, nous devons inventer une nouvelle façon d’être femme, déflorée ou pas, avec ou sans compagnon sexuel, avec ou sans enfant, avec ou sans règles.
    Mis à part notre contribution facultative à la reproduction, nous sommes presque « égaux en sang » .
Bonne nouvelle !

D’après “Le sang” J.P. Roux, Ed Fayard
La biblio est dans la rubrique "Docs et livres sur les menstruations"





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Mardi 15 avril 2008

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JEUDI 24 AVRIL

T'achètes encore des PATAKU* ?!

LE LEXIQUE DES MAUX, qui recense les mots et expressions désignant les menstruations
a été mis à jour ! C'est la version 2, avec des illustrations et des nouveautés ...
à lire un peu plus bas dans cette page.

Pour parfaire vos connaissances dans toutes les langues du monde,
un petit tour sur la page lexicale du Musée des Menstruations ici : http://www.mum.org/words.html
qui a eu la gentillesse de répondre positivement à une demande d'autorisation de reproduction (cf. le tampon origami dans des idées youpi!), et d'ajouter notre lien. Leur site présentera bientôt notre lexique français.

*PATAKU : l'orthographe originel est patacul, soit pâte pour le cul, soit serviette hygiénique, cela me rappelle que quand ma mamie était jeune elle n'osait pas demander des serviettes au magasin, elle disait "je voudrais des sandwichs". La serviette dans une culotte est effectivement prise en sandwich, mais c'était aussi lié à la ressemblance des formes. C'était avant le hamburger ^^

Prochaine émission du sang des femmes le 30 avril à 18h sur CANAL SUD 92.2 FM

***************************************************

NUIT RADIOPHONIQUE
DES FEMMES

    CANAL SUD 92.2 FM - Toulouse
30 AVRIL 2008
  • à 18 heures >>> Emission Le Sang des Femmes,
    thème : "Les menstruations en art".
  • à partir de 19 heures et jusqu'à extinction des voix >>> Emission Voy'Elles exceptionnelle : "Le corps des femmes est un champ de bataille" :
    toutes les problématiques autour du corps des femmes".

  undefined       MAP DE BATAILLE : Or-Or



... on a dressing de ouf dans ce blog !


     

1- tamponelwyn/ http://www.cigarpass.com, 2- http://www.vaginalady.com, 3- photo de robe / Or-Or
inspirée de la robe de la Johns Hopkins University laboratory/1995.

  Les  règles du "je" ... secret forever
  Au sujet de  l'utiisation de solutions alternatives aux produits indus des marques les plus répandues :
  En me surfant sur un blog j'ai compris pourquoi il y a des fills
qui ne veulent pas de protections périodiques qui ne soient munies d'applicateurs
et qui sont également ébouriffées à l'idée de porter une cup ou autre solution alternative.
  Elles ont les ongles longs et impeccables. C'est pour ça que ça ne les arrange pas. Ce n'est pas une blague.
  Autre raison : il n'y a pas de lavabo individuel dans les wc sur leur lieu de travail, elles conçoivent mal de
devoir se laver les mains et de rincer leur cup devant leurs collègues.
  Les  règles . . . secret forever . . .
  *^^*





 



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Mercredi 9 avril 2008

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Allez un peu de sérieux, même dans votre déguisement de Lady,

plongez donc dans les révisions du

Lexique menstruel

Voici la Version 2.1 du LEXIQUE MENSTRUEL illustrée et augmentée de dizaines d'expressions,

suivi de : Les Noms du sang secret, plus quelques lignes de Françoise  HERITIER.

Ajouts : http://lune.le-sidh.org, http://www.languefrancaise.net, http://projetbabel.org, http://www.expressio.fr, http://florent.blog.com, http://www.vulgaris-medical.com, http://www.gazettedesfemmes.com, gifs kawaï : http://web.piczo.com, http://projetbabel.org, http://www2.unil.ch/liege/Egalens/docs-Egalens/Manuels_huguette_junod.pdf

 


Ceci est un blog non-commercial. Si vous ne voulez pas que votre image figure ici, mailer auroreagain@yahoo.fr , (iau sujet des images : certains auteurs ont été contactés, d'autres non, d'autres autorisations sont en cours de demande, j'indique la source et/ou l'auteur/le lien)


                 " Les menstruations font fait partie de l'innommable, des " règles du silence " ,
                                                                                  comme dit S. Lussier.
                                 * *** v**** **** ****AVRIL 2008 ***** *** ***** NOUVEAUTES  *******
                                                                        ZONE INTERNATIONALE

Pays / Région Expression équivalente Traduction littérale
Angleterre
Proposé par hermes
To have the curse Avoir la malédiction
Angleterre
Proposé par eureka
To be on the rag Être sur son torchon
Belgique Avoir ses klotes
Canada (Québec)
Proposé par eureka
Être dans ses crottes
Espagne
Proposé par santygaby
Tener la regla Avoir la règle
France (Bretagne) Kaout he misioù (pe he bleuñvioù) Avoir ses mois (ou ses fleurs)
France (Comtois)
Proposé par eureka
Avoir ses histoires
France (Marseille)
Proposé par eureka
Être embarassée
Italie (Sicile)
Proposé par lprofrancatane
Avìri 'u marchìsi Avoir le marquis
Mexique
Proposé par stella
Estar en sus días Être dans ses jours
Normandie
Proposé par stella
Avoir ses petits indiens
Serbie
Proposé par Ninocka
Imam mecu Avoir ses règles.

  Chine : dans la langue chinoise, les menstruations se nomment eau céleste; la grossesse, mûrissement du fruit, et la ménopause, second printemps. Le mois qui suit un accouchement s'appelle le mois d'or, la famille et les proches doivent alors s'occuper du bien-être complet de la mère et de son bébé, ainsi que de tous les aspects matériels de la maisonnée. (www.passeportsante.net/fr/) Printemps et cerisiers en fleurs ...

  : littéralement émettre du printemps, rayonner du printemps. Le printemps symbolise la renaissance : on dit aussi 叫春 jiaochun : appeler le printemps.

  Finlande : Otso est utilisé pour désigner l'ours, dont le vrai nom ("karhu") était tabou.

 

                          Lexique menstruel (les mots des maux) version 2.0      
 

Petites précisions :

- Qu'est-ce que le sang cataménial ???
  • Anglais : catamenial. Terme issu du Grec : katamênia : menstrues, de kata : par et mên : mois.
Définition
   Terme en relation avec les menstruations (règles) correspondant à l'écoulement de sang incoagulable accompagné de cellules recouvrant l'intérieur de l'utérus (endomètre) survenant chez la femme pendant la période génitale (de la puberté à la ménopause), à la fin du cycle menstruel. Les menstruations sont absentes pendant la grossesse et l'allaitement.

On parle aussi de :
  • Spanioménorrhée quand il existe un espacement des cycles de plus de 6 à 8 semaines. La spanioménorrhée aboutit parfois à une absence de règles (aménorrhée)
  • Oligoménorrhée quand elles sont insuffisantes
  • Dysménorrhée quand elles sont douloureuses
  • Polyménorrhée quand les règles sont trop fréquentes
  • Ménorragie quand elles sont trop abondantes
  • Métrorragie quant les saignements se produisent en dehors des règles. Les causes les plus fréquentes sont un fibrome, un polype, une infection, un cancer, une inflammation de l'endomètre (endométriose), le kyste d'un follicule (petite niche destinée à contenir l'ovule pendant sa maturation dans l'ovaire)
  • Aménorrhée (quand elles sont absentes, il s'agit le plus souvent d'un début de grossesse, ou d'une phase de stress importante). 


    Les expressions populaires pour signifier qu'on était «amanchée» ont varié selon les époques :
on était «dans ses prunes» ou «dans ses crottes», on avait «ses maladies», ou «ses affaires», et on se soufflait que «le Cardinal est arrivé», ou que - malheur! - «l'Armée rouge est en ville» ...

 


     AVOIR ...

     ses périodes
     Ses ragnagnas
     reçu les courriers de Rome

    J'ai les cardinales
    J'ai mes isabelles
    J'ai ma lettre/message mensuelle
    J'ai mes bénéfices

    J'ai mes parents de Montrouge
    J'ai la visite d'un cousin (en Allemagne)
    J'ai la visite d'un Marquis (Italie)
    J'ai la visite de ma tante Charlotte, ou Flo (USA),
    (avec le jeu de mots Flo/Flow)

http://martine.casterman.com

      Avoir ses culottes françaises

    Avoir Jacques en journée
    Avoir les peintres
    Avoir son tailleur
    Avoir ses mickeys
    Avoir sa semaine ketchup
   

    Avoir ses lunes
    Avoir ses jours
    Avoir ses ours / ses ourses : beaucoup d'infos liées à ce mot ici : http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=8797&start=0



Avoir ses ourses :  Provient peut-être d'une allusion érudite aux rites de puberté de la Grèce.

À l'époque de leurs premières règles, les fillettes athéniennes allaient « faire les ourses » au sanctuaire d'Artémis à Brauron (aujourd'hui Vravro, un joli petit sanctuaire, très frais, oublié des touristes). L'étiologie du rituel était l'expiation du meurtre d'une ourse consacrée à la Déesse.


Avoir ses ours :

On sait qu'un ours désigne un homme bourru, à l'humeur parfois massacrante. La première explication vient donc de l'humeur ou de l'énervement liés aux menstrutions.

La seconde origine pourrait venir d'une plaisanterie faite à partir de l'ancienne expression "avoir ses jours" employée pour désigner ces jours où une femme préférait ne pas trop se montrer en société. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, « ours » se prononçait « our » (sans la prononciation du S final), ce qui explique la très forte similitude de prononciation entre "avoir ses jours" et "avoir ses ours".

La troisième origine semble être une interprétation populaire d’une expression occitane « aver las oras » (avoir les périodes). La similitude phonétique entre « oras » et « ours » serait à l’origine de l’expression

« avoir ses ours ».(http://kazkado.hautetfort.com/definition)

 


AVOIR ...

   Avoir ses fleurs (« Son kalendrier est rubrique : cette femme a ses fleurs » (A.Oudin. On sait que la rubrique est un
    mot écrit en rouge. dans un manuscrit.)

    L'image autrefois la plus courante était celle des fleurs: " fleurs des fleurs ", et

    " la fleur qui s'ouvre " pour les premières menstrues

    Avoir ses coquelicots

    Avoir le melon qui se fend (Japon)
    Avoir sa tour circulaire
    Avoir son coulis
    Avoir le roi rouge
    Avoir ses rougeurs
    Avoir ses ketchupis
    le feu au rouge
    son rosaire
    Mon chat/minet a le museau cassé

    Avoir les peilhes (une expression typiquement méridionale, , qui vient du mot occitan pelha (avec lh mouillé),    lequel signifie chiffon)

     En France, au XVIème et au XVIIème siècle, on disait " être mal à soi ", " avoir les males semaines ", " avoir les ordinaires, ses affaires, ses histoires, ses brouilleries, ses catimini- ", comme on dit de nos jours " avoir ses bidules, ses trucs, ses machins " et autres onomatopées. En fait, toutes ces expressions se regroupent autour du terme " catimini ", dérivé du grec katamênia, " menstruation ". Elles veulent exprimer qu'il s'agit d'une chose sans importance, qu'il faut cacher.

    D'autres expressions nommant le sang cataménial font référence au sang lui-même, bien sûr sans le nommer. Elles suggèrent alors un sang en relation avec une bataille ou une blessure. En Alsace, au début du siècle, on disait que " la femme a son tailleur " ou " ses culottes françaises ", comme l'on disait ailleurs " avoir les Anglais ",
" repousser les Boers ", ou " avoir les garibaldiens", par référence aux culottes de couleur rouge que ces hommes portaient.



ÊTRE ...

    indisposée
    empêchée / gênée


www.deviant-art.com

    mal sur soi
    en catimini (katemania en grec)
    à la promenade à Nice
    en ses mois
    sur son torchon, sur sa serviette (on the rag !)
    comme ça !


VOIR ...

  
   
J'ai vu ce moi-ce
    J'ai vu la lune
    Vu les Garibaldiens (Alsace 19ème)


   

PAYER ...

    son tribut à la lune
    toucher sa paye en rubis


  FAIRE, ECRASER, MANGER  ...

  Ecraser ses tomates
  Manger de l'onglet, de la tarte aux fraises

   Traverser la mer Rouge
    Relire Poil de Carotte

    Cuisiner ses rougets
   
    Ma grand-mère m'a déjà conté que lorsqu'elle était à l'école secondaire, les filles ne se demandaient jamais     
    ouvertement des serviettes sanitaires. Elles demandaient des "sandwiches".

     La plupart des interdictions que s’imposent les rastas découlent de la bible et plus spécialement de l'Ancien Testament, les tabous sont assez respectés comme l’interdiction de dormir avec une femme qui a ses règles. Ceci se répercute dans le patois rasta et dans la culture populaire jamaïcaine ou les pires insultes se réfèrent aux menstruations comme Blood Clot (caillot de sang) Ras clot ou Bambo clot qui se prononce « Bamboclat ». (Wikipédia)

    Lever le drapeau du chef de gare
    Appeller les pompiers
    Attention la routine !
    Attention au stop !

    Nourrir le traître (à cause du Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau : « Il en rougit, le traître » : il s'agit d'un
    poignard).
    Jouer à cache-tampon
    Marquer 


    Faire relâche
    Recevoir sa famille

    Je repeins ma grille en rouge
    Repeindre sa grille au minium 

    J'ai repoussé les Boers
    Les Anglais débarquent (en 1862 ils portaient un uniforme rouge quand ils ont brûlé la Maison Blanche)
    casser la gueule à son porteur d'eau : argot français


LES NOMS DU SANG SECRET

  Dans de nombreux langages, les mots pour " menstruation " et " lune " sont les mêmes ou du moins ont les mêmes racines étymologiques. Ainsi " menstruation " signifie " changement de lune ", la racine latine " mens " donne menstrues et mois.

  Les phases de la lune permettaient de compter le temps des paysans primitifs et les menstrues permettaient les prévisions féminines. Les paysans européens utilisent pour la période menstruelle l'expression " avoir ses lunes ". Briffault relève d'autres exemples de l'analogie femme-menstruée et lune.

   Le Mandingue emploie le terme carro dans le sens de lune et de menstruation, le mot congolais njonde a cette double signification. Il en est de même dans le détroit de Torres, en Inde.

  Les Indiens d'Amérique du Nord pensent que la lune est une femme réelle, la première à avoir existé. Lorsque la lune est décroissante, ils disent la lune " indisposée ", au sens où ce même mot est utilisé en France comme synonyme de menstruation. Il en est de même chez les Maoris. Dans le domaine européen, les paysans croient que la lune a ses menstrues. La lune rousse du mois d'avril est une lune menstruée qui brûle, grille, " rouille " la nature.

    Les expressions: avoir " ses mois ", " ses lunes ", " ses périodes ", " ses règles ", " ses ourses ", font référence aux rythmes lunaires et aux temps où la femme est sous son apparence d'ourse, c'est-à-dire encore sauvage, bientôt nubile. Ces expressions font référence aux cultes antiques, tel celui des jeunes Athéniennes astreintes au service temporaire d'Artémis de Braurôn : " Les jeunes filles devaient imiter l'ourse avant leur mariage." Avant d'avoir des rapports sexuels, elles entraient au service d'Artémis pour le rachat de leur virginité. Le mythe expliquait que l'ourse était l'animal favori d'Artémis qu'on avait fait périr.

Françoise 
HERITIER : “ Ce qui est valorisé alors par l’homme, du côté de l’homme, est sans doute
qu’il peut faire couler son sang, risquer sa vie, prendre celle des autres, par décision de son libre arbitre ;
la
femme “ voit ” couler son sang hors de son corps (ne disait-on pas communément “ voir ” en français, pour dire  voir ses règles”?)  et elle donne la vie (et meurt parfois ce faisant) sans nécessairement le vouloir ni pouvoir l’empêcher.
Là est peut-être dans cette différence le ressort fondamental de tout le travail symbolique greffé aux
origines sur le rapport des sexes. "


                                                                          Voilà, vous pouvez re-agiter les bras !

*^^*

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Jeudi 3 avril 2008

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AVRIL  2008 Nouvelle actualisation du blog

et prochaine émission le dernier mercredi du mois,
à 18h sur canal sud radio 92.2 FM à Toulouse.



Notre enquêtrice préférée, Isabel S,
vient de pêcher de nouvelles infos sur les odeurs,
dont il était question dans "la karchérisation des menstruations".





Dans la rubrique ODEURS ET FUMETS



I Le symptôme de l'odeur de poisson pourri
II- Autres documents sonores en ligne sur les odeurs
III- Documents écrits liés aux odeurs




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Jeudi 13 mars 2008

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Le sang des femmes : un cycle d'émissions de radio sur les menstruations
sur Canal sud 92.2 FM à Toulouse,
sur une idée de Fatima Guévara, Isabel S. et Aurore *U*

            Bienvenue sur notre blog !      
                                 

Vous avez déjà vu un lustre fabriqué en tampons ?

Des cache-tampons  tricotés?

ou une
bimbo avec un stickup  d' Rwik


source : tamponcrafts.com

Découvrez les nouvelles actualisations
dans les rubriques DIY (Des idées youpi), et un peu plus bas par ici ...


arussica.gif
MARS 2008 :  Encore une émission, façon puzzle, avec Fatima, Or-Or et Julie,
avec la programmation musicale de Fatima, le texte qui suit, puis un extrait de Michel Onfray sur l'anti-corps,
des anecdotes sur les incidents perso. avec les règles, les innovations concernant les menstruations,
des annonces de concerts et de théâtre. Un p'tit bonjour aux auditrices et auditeurs de Canal Sud 92.2FM !
Les émissions ont lieu le dernier mercredi du mois à 18h sur canal sud 92.2 FM


LA KARCHERISATION DES MENSTRUATIONS

    L'industrie pioche dans les croyances pour fourguer du faux-propre, du "beau", du "sexy", du "sent-bon", du simili hygiénique, du jetable qui ne se recycle jamais ... mais qui relance à chaque fois la crainte des femmes de voir leur animalité surgir de leur immaculée culotte. Un article intéressant écrit par Julien Arnault qui s'est penché sur sur le marketing des marques ici : http://renault.blog.20minutes.fr


   - du faux-propre :

    L'illusion de la propreté provient du marketing et de ses codes couleur : le blanc, couleur sanitaire des lieux d'hygiène et des endroits décontaminés : le blanc des lavabos et des carrelages, la salle de bains, l'hôpital, la maternité ... et blanc ... comme la fleur de coton -qu'il n'y a dans aucun tampon de base. D'ailleurs il a fallu attendre les années 2000 pour voir arriver des serviettes colorées, tant le code du blanc est incrusté dans les esprits.




       Exemple #1 : la publicité qui montre une filles blonde en tenue blanche (le blond/ jaune clair et le blanc sont voisins sur le spectre),  (c'est probablement la même qui fait la pub pour N.rta ^^). (C'est déjà impossible de porter du blanc au quotidien sans revêtir les taches qui vont avec, mais alors pendant les règles n' est-ce pas du délire ?).

       Exemple #2 : le nécessaire à douche vaginale girly cf.illus 2  : rose et mauve, c'est non-seulement inciter les filles à se laver là où elles ne sont pas sales, mais aussi condamner leur intimité à attraper tous les microbes de la terre, après destruction méthodique de la flore interne. En Europe les douches vaginales sont prescrites avec produit adapté par les gynécos, qui unanimement déconseillent ce nettoyage abusif . Le choix des couleurs est impec pour banaliser l'objet dans une trousse de toilette, il n'y déparaît pas ...
 

   - du "beau" :karcherisation.jpg

   Cela consiste à ne rien inventer mais à changer l'apparence des produits et de la notice. L'évolution des codes couleurs est évidente : de blanc et rose-bleu pastel les graphistes sont passés à rose pink, jaune, violet, bleu vif ; afin de cibler les jeunettes et séduire par l'aspect tonique voire ludique de ces objets. Il faut dire que c'est  facile d'en faire de petits colifichets sympa juste-pour-les-filles, et de réhausser le côté mignon voire ludique du produit.

       Exemples #1 : serviettes en emballage girly, tampons dans leurs sachets colorés, petits coeurs, petites fleurs, et dans les 80's, petits noeuds de nana et confetti hystériques. cf. illus 3
    Serviettes noires ou colorées, en cadeau des étuis pour les transporter dans son sac (c'est vrai que c'est tellement nécessaire, en plus de l'emballage individuel !) ou bien des sachets de tissu funny.
       Exemple#2 :  tampons qui s’ouvrent en corolle, en jupe ou en soleil (et pourquoi pas en parasol).